Tchakchouka by Lesley Blanch

L’écrivaine et journaliste Lesley Blanch durant sa visite à Djerba en 1951.

Sur la petite île de Djerba, qui ressemble à un jouet, au large des côtes du sud de la Tunisie, se trouve une petite ville encore plus jouet, Houmt-Souk, sa capitale. Là, comme tout le long de la côte tunisienne, vous trouverez des cafés peints en bleu où les Arabes se rassemblent au crépuscule amenant avec eux leurs oiseaux chanteurs pour prendre une leçon du maître oiseau chanteur, propriété du du cafetier. Un chanteur vraiment mélodieux est inestimable pour le café, attirant plus de clients qu’autre chose. Les hommes sont assis, buvant leurs petits verres de thé vert, discutant tranquillement, souvent avec un bouquet de jasmin à la main, ou une rose à l’oreille, car ils sont passionnés par les parfums ; à côté d’eux, sur les tables, de petites cages faites de piquants de porc-épic, dans lesquelles l’oiseau élève a été amené pour prendre sa leçon. Le maître oiseau chanteur est probablement logé dans une cage métallique spacieuse, minutieusement frettée, peinte en bleu et en forme de pavillon, en forme de dôme ou de tourelle ; ces cages sont une spécialité de cette région – certaines des plus belles étant fabriquées à partir d’anciennes boîtes de sardines.

Il y a peu de restaurants à Houmt Souk – un stand de rue propose du poisson grillé, et une spécialité locale (brik), une sorte de pâte feuilletée pliée, dissimulant un œuf poché, et des plus difficiles à manger proprement. Les vendeurs de briks s’asseyent les jambes croisées, perchés sur une haute étagère carrelée à côté d’un chaudron d’huile fumante. J’avais l’habitude de me précipiter, très tôt, pour acheter des briks pour mon petit-déjeuner, tandis que tout autour de moi, Houmt-Souk s’éveillait à un autre jour de bleu, d’ânes au trot apportant les paniers de poulpes ou d’éponges, de chameaux chargés de jarres d’argile ,de musiciens du Soudan, tous réunis sous les palmiers et les arcades de la place du marché… c’étaient des matins au Paradis…

Vendeur de poissons grillés dans une ruelle de Houmt-souk, en 1940.

Là-bas, sur le continent, dans une mystérieuse région méconnue appelée Matmata, les habitants vivent dans des grottes et l’on descend par des échelles dans une sorte de fosse de terre rouge autour de laquelle s’ouvre la grotte. J’ai parfois eu la chance d’être invité à partager le repas familial. La tchakchouka était le plat préféré. J’avais l’habitude de m’asseoir sur le sol et de regarder les femmes, dans leurs robes bleues ornées d’amulettes et de porte-bonheur, préparer ce plat, ou un couscous sorte de plat de semoule et de viande, mais comme cela est très compliqué à faire hors d’Afrique, je me concentrerai sur la tchakchouka.

Ingrédients:

  • Huile
  • 5 ou 6 grosses tomates
  • 3 poivrons verts
  • Piments rouges doux
  • 1 gousse d’ail, hachée (facultatif)
  • Pincée de paprika (facultatif)
  • 6 œufs (1 pour chaque portion)
La chakchouka : plat tunisien.

Coupez les oignons en tranches assez fines et faites-les dorer dans de l’huile. Ajoutez ensuite la même quantité de grosses tomates, de poivrons verts coupés en tranches et finement hachés et veuillez à retirer d’abord toutes les graines. Cuisiner les légumes ensemble lentement dans la poêle jusqu’à ce qu’ils soient une masse pulpeuse molle. Ajoutez ensuite une gousse d’ail, hachée, si vous le souhaitez, et éventuellement une pincée de paprika. Mettez maintenant le mélange dans des plats en terre cuite séparés, un pour chaque personne; casser et œuf sur le dessus de chacun, et le mettre dans un four doux environ 10 minutes. Je ne sais pas comment vous allez trouver cela, mais moi j’ai adorée, de plus j’étais assise parmi mes amis arabes au crépuscule du soir, et les énormes étoiles brillaient dans le ciel verdâtre, tandis que les chameaux attachés aux paumes au-dessus gémissaient et reniflaient le dîner – rien de plus agréable.

Maison troglodyte de Matmata (1927)

Extrait de “Round the World in Eighty Dishes” par Lesley Blanch

Traduit par Kais Ben Ayed

Histoire d’un viking ottoman et d’une princesse révoltée

Ali Nouri Bey, suédois converti, ancien Consul général de Turquie à Rotterdam, qui est actuellement à Londres avec sa femme, la Princesse Hairie Ben-Ayad, est l’un des dirigeants éminents du Parti légitimiste turc. Ce Parti revendique et œuvre pour la réinstallation sur le trône de Turquie le Sultan Murad V, qui serait devenu fou quelque temps après son avènement, et fut, de ce fait, provisoirement écarté, et remplacé par son frère Abdul Hamid Vice-Sultan, sous certaines conditions, que ce dernier avait acceptées. L’une des conditions, prétend-on, était de rendre le pouvoir à son frère Murad, le souverain légitime de la Turquie, dès que celui-ci serait en mesure de reprendre le règne. On raconte qu’Ali Nouri Bey a eu plusieurs démêlés avec son ennemi impérial, et a souvent fait la connaissance des prisons politiques d’Abdul Hamid, bien qu’il ait toujours réussi à s’évader. Dernièrement cependant, Ali Nouri Bey a été condamné par ordre d’Abdul Hamid à cent un ans de prison. Ali Nouri Bey espère bientôt la fin du règne actuel en Turquie. Abdul Hamid étant malade, très malade. La reprise du Trône par Murad V donnerait à la Turquie un gouvernement libéral et serait considérée comme le début d’une nouvelle ère pour la Turquie, celle du progrès, de la justice et de la liberté.

Son épouse

Hairie Hanem, une femme charmante et accomplie, c’est la fille de feu Mahmoud Pacha Ben Ayad de Tunis, personnage bien connu de la société française à Paris pendant le règne de Napoléon III, que celui-ci avait honoré de son amitié. La famille de Ben Ayad est l’une des familles les plus anciennes et les plus nobles de la Tunisie. La princesse est la première dame qui ait jamais mis les pieds en Europe avec pour mission de faire connaître la condition sociale de ses compatriotes, en s’engageant dans une campagne mettant en lumière la situation actuelle en Turquie en donnant une série de conférences en Europe.

Extrait et traduit du journal The Sketch 1901.

Kais Ben Ayed

Dans un jardin mauresque

Un jardin mauresque à la Marsa, Tunis. Par Sir Harry Johnston.

Cette illustration est une vue prise dans le magnifique jardin du Consul – Général britannique à La Marsa, près de Tunis. La maison de campagne, qui est la résidence principale du consul général britannique dans la régence de Tunis, était à l’origine un palais appartenant au Bey, qui l’a cependant offert en présent au gouvernement britannique dans les années cinquante, pour remplacer une ancienne résidence de campagne qu’un ancien Bey avait injustement confisqué à un moment où il était en mauvais termes avec le consul général britannique par intérim. Sous le long règne du célèbre Sir Richard Wood (qui était le Sir John Kirk de Tunis ; en fait, assez curieusement, trois grands pro-consuls africains régnèrent presque simultanément — Sir John Drumond Hay au Maroc, Sir Richard Wood à Tunis, et Sir John Kirk à Zanzibar), ce palais de La Marsa a été agrandi, mais les ajouts étaient de très bon goût, et dans un style difficile à distinguer du reste du bâtiment.

Le jardin est évidemment très ancien. Il est d’une étendue considérable, peut-être vingt acres, et possède deux nobles allées de cyprès. Il a probablement existé en tant que jardin de palais pendant deux mille ans ou plus, tout comme le consulat général britannique ou l’ancien palais du Bey, et si nous remontons plus loin encore c’était la maison d’une puissante famille arabe nommée Ben Ayad, qui l’a elle-même construite sur les reste d’un site d’une villa romaine. La Marsa, on s’en souvient, était autrefois un faubourg (Mégara) de Carthage. La maison et le terrain du consul général britannique se situent entre la ville moderne de Marsa et le site de Carthage. Le palais de La Marsa est l’une des plus belles demeures à l’étranger en possession du gouvernement britannique.

Entrée de la résidence de Grande-Bretagne, ancien Palais Ben Ayed.
Bâtiment principal de résidence britannique.

Texte extrait et traduit de The Graphic, 1900.

Kais Ben Ayed

La fontaine Çengelköy à Istanbul

Cette fontaine dans l’un des quartiers d’Istanbul a été construite par le Grand Vizir ottoman Youssef Ziyedudinn Pacha en hommage à sa femme décédée, mais quelques années après la mort du Vizir en 1819 l’eau s’arrêta de couler et ne parvenait plus à la fontaine à cause de changement de propriétaire, les habitants et passagers en furent privées. Le Général Mahmoud Ben Ayed en œuvre de bienfaisance ordonna d’acheminer l’eau par un autre canal, et la fontaine fut restaurée en 1862. On racontait parmi les habitants de Çengelköy que ceux qui buvaient l’eau de cette fontaine ne ce serait-ce qu’une fois, ne pourraient plus quitter cet endroit. Aujourd’hui l’eau de la fontaine ne coule plus …

On peut lire sur cette plaque un poème composée de 6 vers du poète Fattin Effendi l’un des vers “Elle était privée d’existence, comme les maisons des poètes.” Puis Mahmoud Pacha Ben Ayed a acheminé l’eau depuis un autre canal et l’a ravivée en H 1279 – M 1862.
Kais Ben Ayed

Buy a book, save a monument !

Lancement de la campagne de crownfunding : “Buy a book, save a Monument !”. Les fonds récoltés serviront a la finalisation du livre, son impression et sa distribution. Les bénéfices seront totalement investis dans la sauvegarde et la restauration du Palais Ben Ayed à Djerba, Cédriane. Pour y participer cliquer sur l’image ci-dessous :

Depuis maintenant plus d’un an des travaux de sécurisations et de rafraichissements ont été entrepris, mais il reste énormément de choses à réaliser.

Projet de réhabilitation du Palais Ben Ayed à Djerba.
Kais Ben Ayed

La branche princière de la famille Ben Ayed

Après quelques années de vie à l’européenne à Paris, dont il fut vite lassé le Général Mahmoud Ben Ayed décide de s’installer en Turquie. Amateur de grand luxe, le général tunisien ne lésine pas sur les moyens et se construit un Yali sur les bords du Bosphore à Uskudar, quartier huppé de Constantinople. Il a notamment comme voisin le vice-khédive d’Egypte Mustapha Fazil.

C’est dans ce cadre que deux de ses enfants, son fils Mohamed Taher et sa fille Saliha Zayneb prirent respectivement comme épouse et époux, la princesse Roukia Fazil et le prince Kamel Fazil.

La Princesse Rukiye Fazil Ben Ayed, fille de Mustapha Fazil Pacha, Vice Khédive d’Egypte.
Hommage de l’écrivain O. Ikskender pour les fiançailles de Taher Ben Ayed avec la Princesse Roukiye.

Mohamed Taher, née à Tunis en 1853 de l’alliance du Général Mahmoud et de la dame Daddou Bent Hamda Djilani, il épousera la Princesse Roukia Fazil, fille du Vice-Khédive d’Egypte Mustapha Fazil, et demi sœur de la fameuse princesse Nazli en octobre 1872.

Acte de décès du Prince Taher Ben Ayed, mort en 1921 à l’âge de 68 ans.
Le Prince Mahmoud Ben Ayed au cours d’un duel avec Mr De Latorre en janvier 1900 à Paris.
Le Prince Adel Ben Ayed aux funérailles de son oncle le dernier Khédive d’Egypte Abbas Helmi en 1944.
La Princesse Ain EL Hayat Ibrahim Ben Ayed épouse du Prince Adel Ben Ayed.
Le Prince Ibrahim Ben Ayed, ingénieur en sécurité aérospatiale.
Le Prince Rechid Ben Ayed.

Le Prince Kamel Fazil, est le troisième fils de Mustapha Fazil Pacha d’Egypte. Il épousera en seconde noce Saliha Zayneb la fille du Général Mahmoud Ben Ayed, en 1886 à Alexandrie.

Prince Kamel Fazil, époux de la princesse Saliha Zeyneb Ben Ayed.

Le couple Mohamed Taher et la Princesse Rukiye donnera naissance à une nombreuse descendance, les princes Mahmoud, Mohamed Ali, Jameleddin, Adel, Ibrahim, Rechid, et les princesses Fadhlia, Tawhida et Nazli.

La Princesse Nazli Ben Ayed et sa robe.

Le couple Saliha Zayneb et le prince Kamel Fazil donnera naissance à un fils Mustapha Kamel Fazil et une fille Amina Fazil.

Le Prince Mustapha Fazil, fils de la Princesse Saliha Zeyneb Ben Ayed.
Le Prince Mustapha Fazil, petit fils du Général Mahmoud Ben Ayed.
La Princesse Amina Fazil, fille de la Princesse Saliha Zeyneb Fazil Ben Ayed et du Prince Kamel Fazil
La Villa Sphinx dernière demeure du Prince Kamel Fazil et de la Princesse Saliha Zainab Fazil Ben Ayed.
La Villa Sphinx dernière demeure du Prince Kamel Fazil et de la Princesse Saliha Zainab Fazil Ben Ayed .
Mort du Prince Kamel Fazil dans sa Villa Le Sphinx à Nice en 1929.
Par Kais Ben Ayed

Inauguration de la Rue Docteur Hassouna Ben Ayed

En hommage au Professeur Hassouna Ben Ayed, fils de l’île de Djerba, une rue de Tunis à Bab Saadoun, à proximité de la faculté de médecine dont il fut le doyen durant de nombreuses années portera désormais son nom. La rue du Docteur Hassouna Ben Ayed remplacera ainsi la rue du Djebel Lakhdar.

Le Dr Hassouna Ben Ayed à Paris en compagnie de son professeur Jean Hamburger.
Le Pr Hassouna Ben Ayed et son dévouement pour la médecine tunisienne.
Le Prs Farhat Ben Ayed, frère de Si Hassouna.

Six images inédites de Djerba en 1873

Découvrez six images inédites de Djerba et son histoire. Il s’agit des plus anciennes illustrations pour certains lieux qui date de 1873.

Bordj Ajim en 1873
Borj Ghazi Mustapha ou le fort espagnol en 1873.
Borj El Castil ou Kastil en 1873.
Vue de Houmt Souk en 1873.
Mosquée de Guellala en 1873.
Djemaa Ghroba ou Mosquée des Etrangers en 1873.
Kais BEN AYED

La manufacture de draps d’El Battan à Tébourba

Cette manufacture de draps et d’habillement des troupes a été construite par le Général Mohamed Ben Ayed en 1844 pour diminuer les importations de la régence et assainir les compte de l’état, c’est le début de l’industrialisation en Tunisie dont la famille Ben Ayed a été l’initiatrice. La famille Ben Ayed avait fait appel à l’ingénieur français Charles Benoit pour la réalisation de cette manufacture qui était considérée de haute technologie pour l’époque. Aujourd’hui elle abrite les Haras de la FNARC ( Fondation Nationale d’Amélioration de la Race Chevaline).

Manufacture et palais Ben Ayed d’El Battan à Tébourba.
La plus ancienne illustration de la première manufacture textile industrielle tunisienne telle que construite puis exploitée par le Général Mohamed (puis Mahmoud) Ben Ayed à Tébourba, en 1844. Illustration de P. Trémaux réalisée entre 1847 et 1854.
Kais Ben Ayed

Le Palais Ben Ayed de Gammarth

Le Palais Ben Ayed de Gammarth a été édifié vers 1831, par le Général Mohamed Ben Ayed, envoyé extraordinaire auprès du Roi Louis Philippe de France par le Bey de Tunis Hussein II à la suite de son voyage en Europe. Le Général avait voulu construire une somptueuse résidence d’été comme ceux qu’il avait pu observer durant son voyage.

Le Palais Ben Ayed devient durant le protectorat un centre polyvalent spécialisés dans les métiers ruraux, on y enseignera l’horticulture et les techniques de grandes cultures sur plaines.

Plus récemment après l’indépendance il est réhabilité en centre détention et de rééducation pour mineurs.

Malheureusement, il est très mal entretenu et il tombe en ruine, il nécessite une intervention d’urgence pour sa sauvegarde.

Découvrez ce patrimoine en vidéo:

Palais du Général Mohamed Ben Ayed à Gammarth
Kais Ben Ayed