Du temps où l’Archiduc d’Autriche Louis-Salvador de Habsbourg visitait Djerba, Cedghiane et le Ksar Ben Ayed.

Parmi les nombreuses personnes qui auront visités le Ksar Ben Ayed, nous pouvons citer l’Archiduc d’Autriche Louis-Salvator de Habsbourg. Il raconte son voyage dans son livre « Yacht-Reise in den Syrten ».

L’Archiduc d’Autriche Louis-Salvator de Habsbourg.

Troisième fils du dernier grand-duc Léopold II de Toscane et de l’archiduchesse Marie-Antoinette de Bourbon princesse des Deux-Siciles, cousin de l’impératrice « Sissi », l’archiduc d’Autriche Louis-Salvador de Habsbourg, prince héritier de la branche toscane de la maison Habsbourg-Lorraine, naît le 4 août 1847 à Florence.

L’Archiduc d’Autriche Louis-Salvador de Habsbourg.

La Nixe.

Plutôt que de jouir des fastes de la cour, Louis-Salvador de Habsbourg (1847-1915) préfère sillonner la Méditerranée à bord de sa grande goélette mixte « La Nixe ». Autant de croisières mises à profit par cet humaniste et ethnologue, parmi lesquelles on peut citer Djerba la Douce où il y séjournera trois jours.

La Nixe.

En 1873, l’archiduc à vingt-sept ans et la Nixe est un joli yacht tout neuf de 135 tonnes. Le 1er Avril, la Nixe quitte Alexandrie et fait escale successivement à Derna, Cyrène, Benghazi et Tripoli. Le 16 mai, le yacht est en vue des côtés tunisiennes, qu’il va suivre jusqu’au cap Bon.

Son séjour à Djerba

Le 19 mai, la Nixe arrive à Djerba. Le voyageur princier est reçu par l’agent sanitaire « Génois » qui est en même temps vice-consul d’Allemagne, et par l’agent consulaire austro-hongrois, un vieux grec de l’archipel. L’archiduc est resté trois jours à Djerba, et parait en avoir vivement goûté le charme. Il vante la douceur de son climat, l’esprit laborieux de ses 35.000 habitants de l’époque, qui après avoir fait fortune dans le Levant ou à Constantinople, revenait dans l’île, où ils se construisaient de somptueuses maisons. Il admire les palmiers, les oliviers qui font travailler de nombreux moulins, et vante la saveur « unique » des petits abricots de Djerba.

Tous les personnages de Djerba défilent dans son récit. Le gouverneur, un vigoureux quadragénaire, natif de l’île avait à son commandement 400 soldats et faisaient en même temps des affaires: il achetait des marchandises, lainages, poteries qu’il chargeait sur un bateau pour les revendre en Alexandrie. Luis-Salvator le surprend, assis dans une boutique, en pleine négociation commerciale; il porte un turban tissé d’or et une veste bordée de vert, il tient à la main une canne d’ivoire et un bouquet de roses; il est accompagné par un adolescent « aux yeux de gazelle. L’agent consulaire italien est un israélite qui se livre au négoce. Un arabe représente en même temps la France, l’Angleterre et les Etats-Unis.
Le clergé se composait d’un bénédictin et d’un frère.

L’archiduc parcourt l’île dans la voiture du gouverneur, attelée de deux mules, ou bien à mulet. Il passe par le Burj de Zug à Houmet Essouk (Aujourd’hui Bordj Ghazi Mustapha) et la Hara Kebira avec ses huit écoles hébraïques. A Agim, il est reçu par le cheikh, qui lui offre un repas de douze services fortement poivré et arrosé de Lagmi. Le frère du Cheikh qui préside, croque des olives dont
il jette les noyaux par la porte entrouvertes.

Visite à Cedghiane et du Ksar Ben Ayed.

Enfin Il visite Cédrien, et le Palais de Ben Ayed avec sa tour aérée aux nombreuses fenêtres, son intérieur spacieux dallés de marbre et ses plafonds richement décorés.

Intérieure du Palais Ben Ayed à Cédrien.

Le 22 mai, le yacht quitte Djerba, escorté par des hirondelles de mer au bec de corail, emportant dans la mémoire de l’Archiduc d’Autriche, un souvenir inoubliable.

Par Kais BEN AYED.