Les Djerbi d’Istanbul du 18-éme au 20-éme siècle.

Les échanges entre la Régence de Tunis et l’Empire Ottoman remonte à un passé lointain.

En remontant sur les traces de nos ancêtres nous découvrons par exemple que le premier caïd de la dynastie Ben Ayed, Kacem Ben Ayed, était à la tête d’une délégation chargée de 1748 à 1752 de livrer à l’Empire Ottoman, les offrandes de la Régence notamment les troupeaux de bétails. Il ne fait aucun doute que Kacem Ben Ayed, habile commerçant, à su profiter de cette mission administrative et politiques pour renforcer les relations commerciales entre l’Empire ottoman et Djerba.

Le Caïd Ben Ayed et sa délégation, ont contribués à faire connaitre le savoir faire tunisien et la qualité indéniables des produits de la Régence, notamment la chéchia sous ses différents modèles, les dattes, les produits textiles de Djerba et du Djerid, en comptant bien entendu sur le réseau de Djerbiens, bien installés déjà à cette époque à Izmir ou Istanbul qui les aidaient à écouler les marchandises tout en s’informant des nouvelles de Djerba et de leur familles. Nous pouvons citer par exemple les familles Ben Taazait, Ounis et d’autres qui étaient déjà établis à cette période.

Après avoir écoulés leur marchandises à Istanbul, Izmir, ou parfois même au pays du Levant, les membres de la délégation achetaient les produits dont ils en avaient besoin pour leur commerce en Tunisie, comme le riz, le coton, les tissus, mais aussi de belles odalisques. Ils étaient aussi responsable des achats pour le compte de la Régence de Tunis.

Si Hmida Ben Kacem Ben Ayed prend la suite de son père par la suite, que ce soit pour occuper le poste de caïd de Djerba et de l’Aradh, ou en tant qu’armateur-corsaire, Hmida Ben Ayed continue de renforcer la relation commerciale entre Djerba et l’empire ottoman comme en témoigne de nombreuses lettre à l’archive nationale de Tunisie, notamment en 1809, par exemple nous retrouvons échabges entre les caïd Ben Ayed et des membre des familles Safraoui, Bou Zekri, Jebali, El Bessi, Arway, Ben Taafikidet, Talouin, Arrami, Ben Regeb, El Kebir …

Palais construit par Hmida Ben Ayed en 1775.

En 1861, la colonie tunisienne présente à Istanbul s’agrandit et se composait en grande partie de Djerbiens sans toutefois exclure les Sfaxiens ou les Tunisois. Les Djerbiens d’Istanbul sont surtout des gens du village de Mahboubine ou de Beni Maaguel.

Liste des commerçants tunisiens à Istanbul en 1861, par familles.

Parmi ces familles nous pouvons citer les Barbouchi, Hawami, Ben Lagha, Ben Salah, Ben Salem, Ben Slimen, Ben Taher, Ben Younes, Aissa, Kateb, Louati, Safraoui, Sifaoui, Maazouz, Othmen, …

La colonie se réduit à partir du début du 20-éme siècle beaucoup de tunisiens décident de rentrer, cependant il este quelque familles comme le montre cette liste de commerçants musulmans de 1882 à 1912, on peut y lire les noms de familles djerbienne tel que les Bel Hadj Ali, Ben Ayed, ou Ben Jebara.

Liste des commerçants musulman à Istanbul à partir de 1881.

La liste des familles djerbienne n’est pas exhaustive, on retrouve aussi d’autres grandes familles djerbienne qui ont développé leur commerce à Istanbul on peut citer Ben Yedder, Ben Zekri, Zulim, Arway, El Methni, et bien d’autres.

Extrait du fond Ben Ayed Archive nationale de Tunisie. Andreas Tunger-Zanetti, La communication entre Istanbul et Tunis 1860 -1913. Province et métropole, Paris, L’Harmattan, 1996, 300 p

Kais Ben Ayed

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